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Efficacité

L'environnement quasiment inchangé de la culture piscicole traditionnelle extensive apparaît comme étant écologiquement bénin, mais cette situation est-elle vraiment meilleure que l'aquaculture intensive, quand on tient compte de l'utilisation des ressources alimentaires ?


Pourquoi intensifier la production aquacole ?


Les 20 dernières années ont vu le développement des techniques aquacoles, des plus traditionnelles et extensives vers les plus sophistiquées et intensives. On remarque le même phénomène dans la production animale terrestre, quoique sur une plus longue durée.

Dans la culture extensive réelle, le bétail vit dans un environnement très proche de son habitat naturel où la relation entre les espèces est réglée par l'abattage sélectif (récolte), le repeuplement et l'introduction de nouveaux stocks ou d'espèces. Le premier pas vers l'intensification entraîne la fertilisation du système pour stimuler la production de nourriture naturelle (végétaux). En aquaculture, les systèmes semi-intensifs peuvent être comparables aux terres arables ou pacages. Le contrôle de toutes les étapes du cycle de culture est souvent caractéristique d'un tel système. Une plus grande intensification est représentée par l'addition d'une source alimentaire externe afin de compléter la production alimentaire naturelle.

Plus de progrès demande d'autres étapes d'intensification ou l'optimalisation du rendement des niveaux d'intensité individuels.

Dans tous les systèmes de culture, le mot "intensif" n'est pas synonyme de "surpeuplé". Cela signifie, seulement, l'introduction d'une source de nourriture externe pour augmenter le rendement de la production.  Il s'agit de son premier sens pour la production de viande dans le monde et une stratégie de plus en plus connue dans les pays moins développés, vu qu'une production plus efficace devient une nécessité.

Alors que le développement de la culture extensive efficace est lent, les systèmes en aquaculture intensive évoluent vite. En 1972, l'industrie du saumon norvégien utlisait 1.9 kg de protéine animale pour produire 1.0 kg de saumon, contenant lui-même 0.18 kg de protéine, un exemple montrant qu'il ne reste que 9% de protéine. 

En 1996, grâce à des méthodes plus efficaces et les meilleures nourritures possibles, les éleveurs de saumon ont réduit ce chiffre à 0.4 kg de protéine (principalement animale) par kg de saumon produit. Ce qui équivaut à un accroissement de la rétention de protéine de 45%. Les meilleurs éleveurs font encore mieux : des essais expérimentaux ont démontré qu'on peut arriver à plus de 66% de rétention de protéine pour le saumon et la truite. Ce qui représente le meilleur rendement obtenu, en une seule fois, dans un système de culture animale.

Dans la culture du flétan non-domestique (Hippoglossus hippoglossus), une technologie en développement, on observe déjà des résultats montrant une rétension de protéine de 46%.

La culture des espèces de poissons carnivores et non-carnivores

La protéine animale est utilisée pour produire de la protéine animale dans la culture du poisson carnivore. Ce, sur base d'une plus grande acception de la nourriture par le poisson ainsi que sur base de la valeur du produit final pour la consommation humaine.  Les farines de poissons sont la première source de protéine animale dans l'alimentation des poissons. Cependant, en utilisant les meilleures techniques et méthodes en matière de production alimentaire, on peut maintenant réduire la grande proportion de protéine de poissons dans les rations alimentaires sans porter préjudice aux espèces culitivées ni aux consommateurs humains. 

Un moyen est de cultiver une protéine de cellule simple, sur un substrat de gaz naturel (méthane), en utilisant la fermentation microbienne (bactérienne). Pas moins de 50% des exigences de protéine animale dans le régime alimentaire du saumon sont aujourd'hui remplacées par les dernières générations de protéines de cellule simple.

Un autre moyen de nourrir les poissons carnivores réside en l'utilisation de protéines concentrées dans les plantes. Grâce à des tests expérimentaux avec des saumons atlantiques, on a réussi à utiliser un concentré de protéines de soja comblant 75% des exigences de protéines. Dans des essais avec des truites arc-en-ciel, 100% de la farine de poisson a été remplacée par du concentré de protéines de soja. 

Situation

1972

1994

Experience

75% Soja

100% Soja

Espèces

A. saumon

A. saumon

A. saumon

A. saumon

Truite arc-en-ciel

Protéine dans la nourriture

1925

447

310

450

470

Protéine animale %

100

95

100

25

0

Poids Final (Kg)

3.0

3.0

0.3

0.5

0.2

Protéine dans le Poisson (g)

180

180

177

198

175

Rétension %

9

10

66

47

37

PAP/FAP %

9

42

66

180

~

Référence

Austreng 1994

Hillestad 1996

Grisdale_Helland 1995

Storebakken (in press)

Kaushik et al 1995

Ceci démontre que quelques sources alimentaires de protéines végétales peuvent être mises à niveau pour permettre une subsitution (partielle ou même totale) des protéines animales.  De cette façon, les carnivores peuvent utiliser les protéines végétales aussi efficacement que les non-carnivores (les descendant ainsi d'un échelon dans la chaîne alimentaire et permettant leur croissance en utilisant beaucoup moins d'énergie primaire). De telles techniques représentent un pas en avant considérable dans la technologie de production d'alimentation. C'est le résultat de notre connaissance, sans cesse croissante, des besoins nutritionnels très précis des espèces carnivores dans les systèmes de culture. 

Grâce à ces moyens, les poissons carnivores peuvent être élevés pour

produire, au moins, deux fois plus de protéines animales que ce qu'ils n'en consomment!


basé sur  “L'Aquaculture intensive peut-elle être amie de la Nature?”
par
AKVAFORSK et Biomar AS 


Profet

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